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Title : L'observation médicale chez les écrivains naturalistes : thèse pour le doctorat en médecine, présentée et soutenue publiquement le 29 janv. 1902 / par Victor-Joseph-Ambroise-Désiré Ségalen,...

Author : Segalen, Victor (1878-1919)

Publisher : Y. Cadoret (Bordeaux)

Date of publication : 1902

Subject : Naturalisme (mouvement littéraire)

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 86 p. ; in-8

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k106376f

Source : Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, RES-P-Z-2782

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb36931402d

Provenance : bnf.fr

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Title : L'observation médicale chez les écrivains naturalistes : thèse pour le doctorat en médecine, présentée et soutenue publiquement le 29 janv. 1902 / par Victor-Joseph-Ambroise-Désiré Ségalen,...

Author : Segalen, Victor (1878-1919)

Url of the page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k106376f/f28


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34

nait Flaubert, accompagné d'un de ses disciples. D'abord,
raconte l'interne d'alors, aujourd'hui le D' Chaume, Flaubert
m'accabla de questions sur le petit malade que nous allions
voir. Son âge? Trois ans. Il l'eût voulu plus âgé! Et ses
parents, pourrait-on les voir, leur parler? Assurément non. Puis
nous causâmes diphtérie, croup, trachéotomie surtout et je vis
qu'il connaissait la clinique de Trousseau. Cette conversation
pathologique prit fin sur une boutade du jeune homme: « Tout
cela, dit-ii, est plus ou moins connu et décrit, ce que je vou-
drais voir, c'e~ un f~ya~~ )). Et nous de rire sur cet empiè-
tement, avec surenchère sur le naturalisme du maître.
» L'enfant allait plus mal, et déjà la sœur avait fait tous
les préparatifs de l'opération. Il se débattait, toussait rauque,
avec un fort tirage, et présentait tous les signes précurseurs de
l'asphyxie. Flaubert, qui se tenait a distance, ne le quittait pas
du regard. Cette observation, toute muette, dura à peine deux
ou trois minutes. Puis, visiblement ému, il nous dit « J'en ai
» assez vu; je vous en prie, délivrez-le ».

M Et l'opération commença.

» Un instant, malgré la gravité de la circonstance, je me retour-
nai. Flaubert et son satellite avaient disparu. « Oh! me
répondit, à ce sujet, MarjoUn, cela ne doit point vous étonner;
une trachéotomie, c'était bien trop pour lui; il est d'une sensi-
bilité extrême ».

» Et maintenant comprenez-vous pourquoi le petit Ar-
nould (1) guérit par l'expulsion d'une fausse membrane, « ~c/-
~Me~oM d'étrange, semblable à «/t ~Ac f/c/~rc/t~ »? Lais-
sez-moi croire que le bon Flaubert préféra ce mode si simple,
mais rare, de guérison, parce qu il avait horreur de la trachéo-
tomie » (2).

Il en coûte donc à l'artiste de sortir brusquement des specta-
cles expurgés de la rue ou de la maison, pour scruter sans
délais des nudités douloureuses, écouter des plaintes voilées,

(i) Ftaubert, t'~uM~on sentimentale.

(!) Chronique médicale, annëe i900, p. 7C9, D' Chaume.

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, RES-P-Z-2782

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