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8 avril,: « Peu à peu il se dépouille de l'aSectuosité, il se déshuma-
nise les autres commencent à ne plus compter, pour lui et recom-
mence en lui le féroce égo'fsme de l'enfant a.

16 avril « Ce qu'il y a d'affreux dans ces abominables maladies
de l'intelligence, c'est qu'elles détruisent souterrainement et à la
longue, chez l'ètre aimant qu'elles frappent, la sensibilité, la ten-
dresse, l'attachement, c'est qu'elles suppriment le cœur. cette
douce amitié qui était le gros lot de notre vie, de notre bonheur, je
ne la trouve plus, je ne la rencontre plus Non je ne me sens plus
aimé par lui, et c'est le plus grand supplice que je puisse éprouver,
et que tout ce que je puisse me dire n'adoucit en rien. Quelque
chose d'irritant, c'est son obstination sourde, hostile contre tout ce
qui est raisonnement. Il semble que son esprit ait pris la logique
en haine. Quand on lui parle, on ne peut jamais obtenir de lui une
réponse, l'engagement qu'il fera la chose demandée, au nom de
cette raison. Il s'enferme dans un silence entêté, sa figure se couvre
d'un nuage méchant et apparaît en lui, comme un être nouveau,
inconnu, sournois, ennemi. sa physionomie s'est faite humble,
honteuse elle fuit les regards, comme des espions de son abaisse-
ment, de son humiliation ».

Vers le 30 avril « Ce qui me fait désespérer de lui, c'est quelque
chose d'indéfinissable, que je ne puis mieux comparer qu'àt.'appari-
tion d'un autre être se glissant en lui. Son métier, dont il a été long-
temps préoccupé après sa cessation de travail, ne l'occupe plus, ses
livres sont pour lui comme s'il ne les avait pas écrits. »
Vers le 30 mai « Comme un petit enfant, il s'occupe seulement de
ce qu'il mange, de ce qu'il met. Il est sensible à un entremets, il est
heureux d'un vêtement neuf ».

i8 juin ~«ague « Avant-hier, jeudi, ilme lisait
encore les Mémoires d'ou car c'était le seul intérêt et la seule
distraction du pauvre enfant. Je remarquai qu'il était fatigué, qu'il
lisait mal. Je le priai d'interrompre sa lecture, l'engageant à venir
faire un tour de promenade- au bois de Boulogne. Il résista un peu,
puis céda, et, se levant pour sortir de la chambre avec moi, je le vis
trébucher et aller tomber sur un fauteuil. Je le relevai, le portai sur
son lit, l'interrogeant, lui demandant ce qu'il éprouvait, voulait le
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