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frère, que les vraies affections ne sont pas descriptives. Cette
affirmation ne me touche guère parce que j'ai la conscience de
l'avoir plus aimé qu'aucun de ceux qui diront cela n'ont jamais
aimé aucune créature humaine; .mais, renfonçant toute
sensibilité, j'ai pensé qu'il était utile pour l'histoire des lettres,
de donner l'étude /~oec de l'agonie et de la mort d'un mourant
de la littérature. H (1).
Et, cette justification achevée, suit une des plus poignantes et
douloureuses observations cliniques qui aient jamais été re-
cueillies par un cerveau dressé à l'analyse et tout proche de
l'être souffrant
OBSERVATION
D'après Edmond DE GONCOUHT.
Paralysie générale progressive (2).
Jules de Goncourt, 40 ans, homme de lettres.
An~cedeM~ héréditaires Passés sous silence.
Antécédents personnels Surmenage intellectuel.
Histoire de la maladie: Le premier symptôme noté est <'em6an'a~e
~a~arok. « depuis quelque temps et cela est plus marqué tous les
jours. Il y a certaines lettres qu'il prononce mal, des r sur lesquels il
glisse, des c qui deviennent des t dans sa bouche. C'était pour moi,
dans son enfance, quelque chose de doux et de charmant d'écouter
sa petite parole trébuchant contre ces deux consonnes, et ses colères
contre sa nou-ice. Retrouver aujourd'hui cette prononciation enfan-
tine, entendre sa voix comme je l'ai entendue dans ce passé effacé,
lointain, où les souvenirs ne rencontrent que la mort, cela me fait
peur N.
Puis l'observation devient plus suivie.
(1) Edm. de Goncourt, La dernière maladie de J. de Goncourt Cttée par la Chroni-
que Médicale, i8S6,1" août, p. 464.
(2) Nous ne prétendons point poser de diagnostic historique. Nous avons simplemen t
ordonné, suivant le cadre clinique usuel, les notes recueillies par Edm. de Goncourt
pour mettre en lumière leur exactitude médicale.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, RES-P-Z-2782