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Title : L'observation médicale chez les écrivains naturalistes : thèse pour le doctorat en médecine, présentée et soutenue publiquement le 29 janv. 1902 / par Victor-Joseph-Ambroise-Désiré Ségalen,...

Author : Segalen, Victor (1878-1919)

Publisher : Y. Cadoret (Bordeaux)

Date of publication : 1902

Subject : Naturalisme (mouvement littéraire)

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 86 p. ; in-8

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k106376f

Source : Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, RES-P-Z-2782

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb36931402d

Provenance : bnf.fr

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Title : L'observation médicale chez les écrivains naturalistes : thèse pour le doctorat en médecine, présentée et soutenue publiquement le 29 janv. 1902 / par Victor-Joseph-Ambroise-Désiré Ségalen,...

Author : Segalen, Victor (1878-1919)

Url of the page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k106376f/f18


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24

méprisant les sots et haïssant la sottise. Mais, les vit-on
cruels, insensibles et dédaigneux des souffrances humaines ?
Maupassant faisait le sceptique et Flaubert le brutal, et tous
deux étaient sensibles au plus haut point, Maupassant comme
une femme et Flaubert comme un enfant. Quelle duperie. c'est
de vouloir juger les hommes sur les apparences qu'ils se plai-
sent à se donner Flaubert, particulièrement, avec sa haute
taille, ses gros yeux ronds, sa moustache de pirate normand,
aimait à « faire le méchant ». !1 se plaisait et c'était un tort
de son esprit aux gros mots et aux jurons. Ce qui ne l'em-
pêchait pas d'être d'une incroyable sensibilité aux douleurs de
ses amis et aux deuils de son pays.

» Qu'est-ce que ~/a~M:c ~OMar~ si ce n'est pas l'histoire de
deux martyrs? et l'histoire des martyrs on ne la raconte pas
bien si on n'a pas souffert avec eux. Comment, d'ailleurs, les
belles-lettres seraient-elles les consolatrices si ceux qui les
aiment ne savaient pas la. souffrance ? Je vais jusqu'à penser
que, même comme artiste, l'impassible est impuissant et reste
inférieur. Au théâtre, la petite école des Impassibles a
voulu transporter son action, elle n'a fait que passer. L'enquête
faite, ces jours-ci, auprès des auteur dramatiques, a confirmé
cette pensée que l'art, avec une inn'uté de moyens divers, tend
vers la justice et la bonté. Et c'est vraiment pitié de voir que,
sous prétexte de le maintenir pur de tout alliage, on ait voulu
lui retirer ce qui fait sa véritable grandeur » (1).

Jusqu'à présent nous avons constaté dans la marche vers le
vrai des professionnels d'une part, des artistes de l'autre, un
grand parallétisme. Nous arrivons à un carrefour leurs che-

(t) Il est donc au moins inutile, avec M. Max Nordau, d'épiloguer sur la vateur
sém&iotogique de ladite impassibitité, d'en faire un dérivé morbide et un symptôme
de déchéance, de la considérer comme une « obtusion qui leur rend impossible de se
représenter assez vivement un processus du monde extérieur Max Nordau, D<
H~Mcence, I, p. 67.

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, RES-P-Z-2782

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