–i8– frères de Goncourt, qui, & ~lusieurs'reprises, en.revendiqnèrent la paternité. « Je veux faire, affirme Ed. de Goncourt, un roman bâti sur documents AtttMatm ') et, en note, « cette expression, très btaguée dans le moment, j'en réclame la paternité, la regardant, cette expression, comme la formule déSnissant le mieux et le plus significativement le mode nouveau de travail de l'école qui a succédé au romantisme l'école du « humain (1).
Ce désir du vrai avait déjà hanté Balzac. Mais son œuvre,
désuète de l'aveu même de Flaubert, reste éparpillée et bien
peu documentaire.
Plus efficace et immédiate fut l'influence de Taine. Elle
demeure initiatrice du mouvement réaliste « De tout petits
faits bien choisis, importants, significatifs, amplement circons-
tanciés et minutieusement notés, voilà aujourd'hui la matière de
toute science ». Ce n'était plus tendance imprécise mais un pro-
gramme complet qu'agitaient ces trois lignes (2). Il venait mer-
veilleusement à son heure. On sait quel en fut l'incroyable fécon-
dité, et comment, à t appel de Taine se noircirent furieusement
les carnets de notes de nos romanciers, et comment s'organisa
cette chasse folle aux « petits faits » dont il avait le premier
lucidement indiqué la piste.
Parmi le nombre infini de « documents humains » otferts par
la nature à leurs investigations, les ~a<: (3) s'aperçurent
bientôt que tous n'avaient pas une égale signification ni valeur
expressive, qu'il en existait une catégorie particuflèrement
féconde, les documents pathologiques, et s'y complurent. Volon-
tiers, ils étendirent leurs relations dans le monde médical;
l'hôpital devint un de leurs champs favoris d'enquête, et leur
bibliothèque s'ouvrit toute grande aux traités cliniques les plus
rébarbatifs.
Tout ceia est encore histoire des lettres, et le serait stricte-
(t) Ed. de Goncourt, préface de La Faustin, Charpentier, 1882, p. 2.
(2) Taine, préface de t'MeH~ence, 1 (HacheUe, édit.).
(3) Toujours :n9piréa de Taine.