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PRÉFACE. tm

pour eux en habillant mon triste personnage, mon
pauvre :noi, 'd'un costume qui n'était pas habituelle-
ment le sien, et en faisant disparaître le plus possible
son existence matérielle derrière une existence morale
plus vraie et plus intéressante. Ainsi on ne voit guère,
en lisant ces lettres, si c'est un homme, un vieillard ou
un enfant qui raconte ses impressions. Qu'importait
au lecteur mon âge et ma démarche? C'est à l'Opéra
que la jeunesse, la beauté ou la grâce intéressent
les yeux et l'imagination. Dans un livre de la nature
de celui-ci, c'est l'émotion, c'est la rêverie, ou la tris-
tesse, ou l'enthousiasme, ou l'inquiétude, qui doivent
pe rendre sympathiques au lecteur. Ce qu'il peut de-
mander à celui qui abandonne son âme à la pitié ou à
la colère de l'examen, c'est de lui laisser voir les mou-
vements de çe coeur personnifié, si je puis ainsi dire.
Ainsi, en parlant tantôt comme un écolier vagabond,
tantôt comme un vieux oncle podagre, tantôt comme
un jeune soldat impatient, je n'ai fait autre chose que
de peindre mon âme sous la forme qu'elle prenait à
ces moments-là tantôt insouciante et folâtre, tantôt
morose et fatiguée, tantôt bouillante et rajeunie. Et
qui de nous ne résume en lui, à chaque heure de sa
vie, ces trois âges de l'existence morale, intellectuelle
et physique? Quel vieillard ne s'est senti enfant bien
des fois? quel enfant n'a eu des accablements de
vieillesse à certaines heures? Quel homme n'est à la
fois vieillard et enfant dans la plupart de ses agita-
tion»? Ai-je fait autre chose que l'histoire d'un chacun
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