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Title : Lettres d'un voyageur (Nouv. éd.) / par George Sand

Author : Sand, George (1804-1876)

Publisher : Michel-Lévy frères (Paris)

Date of publication : 1857

Subject : Vénétie (Italie) -- Descriptions et voyages -- 19e siècle

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 1 vol. (VIII-344 p.) ; in-18

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k1061085

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, K-13680

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31293770j

Description : Collection : Collection Michel-Lévy

Provenance : bnf.fr

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Title : Lettres d'un voyageur (Nouv. éd.) / par George Sand

Author : Sand, George (1804-1876)

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D'UN VOYAGEUR. SI

couteau de mauvaise mine, et, ouvrant la porte de ma
chambre, il se inénagea une distance de dix pas, et plaça
lés bougies de manière à éclairer un pain à cacheter collé
au but pour point de mire. Il tenait te couteau d'un air
négligé et sans paraître songer à mal. Voyez-vous, dit-
il, on'fait comme cela; on a une main dans sa poche, on
regarde le temps qu'il fait, on siffle un air d'opéra, on passe
à distance de son homme, et, sans que personne s'en aper-
çoive, sans presque mouvoir le bras, on lance le harpon.
Regardez 1 Avez-vous vu?

Je vois, docteur, lui dis-je, que ta perruque est tombée
sur tes genoux de Beppa, et que le chat s'enfuit épouvanté.
Quand tu voudras jouer au couteau tout de bon, il faudra
tacher de ne pas te trahir par des incidents aussi burles-
ques. Mais le couteau, dit-il sans se déconcerter et sans
songer à relever sa perruque, est le couteau, je vous
prie? Je regardai le but le couteau était certainement
planté dans le pain à cacheter.

tudieu! lui dis-je, est-ce ainsi que tu saignes tes
malades, cher docteur?

Il est vrai que j'ai perdu ma perruque, dit-il d'un air
triomphant; mais remarquez que j'avais affaire à une porte
de plein chêne, incontestablement plus difficile à pénétrer
que sternum, l'épigastre ou le coeur'd'un homme. Quant
aux femmes, ajôuta-t-il, méfiez-vous de celles qui sont
blanches, courtes et blondes. Il y a un certain type qui n'a
pas dégénéré. Quand le bleu l'aeil est foncé et le coloris
du visage changeant, tâchez qu'elles n'aient pas de ressen-
timent contre vous, ou bien n'allez pas faire le. gentil sous
leurs balcons
Tu ne te doutes pas, mon ami, de ce que c'est
que Venise. Elle n'avait pas quitté le deuil qu'elle endosse
avec l'hiver, quand tu as vu ses vieux piliers de marbre
grec, dont tu comparais la couleur et la forme à celles des

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, K-13680

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