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Title : Lettres d'un voyageur (Nouv. éd.) / par George Sand

Author : Sand, George (1804-1876)

Publisher : Michel-Lévy frères (Paris)

Date of publication : 1857

Subject : Vénétie (Italie) -- Descriptions et voyages -- 19e siècle

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 1 vol. (VIII-344 p.) ; in-18

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k1061085

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, K-13680

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31293770j

Description : Collection : Collection Michel-Lévy

Provenance : bnf.fr

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Title : Lettres d'un voyageur (Nouv. éd.) / par George Sand

Author : Sand, George (1804-1876)

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D'UN VOYAGEUR. il

tâchant d'observer tant bien que mal la direction de Trévise,
mais sans m'inquiéter de faire trois fois plus de chemin qu'il
ne fallait, ou passer la nuit au pied d'un genévrier. Je
choisis les sentiers les plus difficiles et les moins fréquentés.
En quelques endroits, il9 me conduisirent jusqu'à la hauteur
des premières heiges; en d'autres ils s'enfonçaient dans des
défilés arides le pied de l'homme semblait n'avoir jamais
passé. J'aime ces lieui incultes, inhabitables, qui n'appar-
tiennent à personne, que l'on aborde difficilement, et d'où
il semble impossible de sortir. Je m'arrêtai dans un certain
amphithéâtre rochers auquel pas une construction, pas
Un animai, pas une plante ne donnait de physionomie parti-
culière. II en avait Une terrible, austère, désolée, qui n'ap-
parténalt aucun pays, et qui pouvait ressembler à toute
autre partie du monde qu'à l'Italie. Je fermai les yeux au
pied d'une roche, et mon esprit se mit & divaguer. En un
quart d'heure je fis le Mur du monde; et quand je sortis de
ce demi-sommeil fébrile, je m'imaginais que j'étais en Amé-
rique, dans une de ces éternelles solitudes que l'hointne n'a
pu conquérir encore sur nature sauvage. Tu ne saurais
te figurer combien cette illusion s'empara de moi je m'atten-
dais presque à voir le boa dérouler ses anneaux sur les ronces
desséchées et bruit du vent nie semblait la toit des pan-
thères errantes parmi lès rochers. Je traversai ce désert sans
rencontrer un seul accident qui dérangeât mon rêves Mais,
au détour de la montagne, je trouvai une petite niche eieusée
dans le roc, avec sa madone et la lampe que la dévotion des
montagnards entretient et rallume chaque soir, jusque dans
les solitudes les plus reculées. Il y avait, su pied de l'autel
rustique, un bouquet de fleurs cultivées et houvellementcueil-
lies. Cette lampe encore fumante, ces fleurs de la vallée,
toutes fralches encore, à plusieurs milles dans la montagne
stérile et inhabitée, étaient les offrandes d'un culte plus naïf
et plus touchant qu'aucune chose que j'aie vde en ce genre.
En général, ces croix et ces madones s'élèvent dans désert

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, K-13680

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