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grâce avee (omette je il m'invita à
partager son repas, et j'acceptai sans cérémonie, Il parlait
alors une espèce de vénitien presque inintelligible, et il me
fit d'agréables reproches du refus que je lui avais fait, sur
la route d'un peu de feu de mon cigare pour allumer sa
pipe. le me confondis en excuse», et j'essayai de me moquer
intérieurement de ma frayeur; mais malgré sa politesse, et
peut-être afissi à cause de sa politesse, ce monteur avait
une indéfinissable odeur de coquin qui rappelait
des Adret* d'une lieue, L'hôte avait, en tournant autour de
la table, une étrange manière de nous regarder alternative-
ment. Quand je grimpa) • W soupente, résolu à affronter
tous les dangers du coupe-gorge classique de l'Italie, j'en-,
tendis le bonhomme qui disait à son garçon Fais atten-
tion au Tyrolien et au petit forestière, (il s'agissait dé moi).
Serre bien ta vaisselle et apporte les clefs du linge sous
mon chevet, attache le chien it la porte du poulailler, et, au
moindre bruit, appelle-moi. Cristo! soyez tranquille,
répondit le garçon. Le petit ne peut pas bouger que je ne
l'entende. J'aurai |a fourche à feu sur ma paillasse, et per
Dio santo! qu'il prenne garde à lui s'il s'amuse à sortir
avant le jour.
Je me le tins pput dit, et je dormis, tranquillement, pro-
tégé contre le filpu tyrolien par ce brave garçon montagnard
qui croyait protéger contra moi ta maison de son maître.
Quand je m'éveillai te Tyrolien avait pris ta volée depuis
longtemps, et, malgré la surveillance de l'hôte, de son gar-
Con et de son chien, il était parti sans payer, Il fut un peu
Question de me prendre pour son complice et de me lire
acquitter sa dépense. Je transigeai et, comme j'avais mangé
avec lui, je payai la moitié du souper; après quoj je partis
k travers la montagne.
J9 traversai, ce jpur-ty, des solitudes d'une
incroyable mélancolie. Je marchai un peu au hasard en
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, K-13680