vi PUÉFACB. les oppresseurs qui le guériront. Les oppresseurs sont athées; l'oppression et l'athéisme ne savent que tuer. La liberté prendra elle-même son enfant rachitique dans ses bras; elle l'élèvera vers le ciel, vers la lumière, et il deviendra robuste et croyant comme elle. Il se transformera, il deviendra l'espérance, et, à son tour, il engendrera une fille d'origine et de nature divine, la connaissance, qui engendrera aussi, et ce dernier-né sera la foi. Quant moi, pauvre convalescent, qui frappais hier aux portes de la mort, et qui sais bien la cause et les effets de mon mal, je vous les ai dits, je vous les dirai encore. Mon mal est le votre, cjest l'examen accompa, gné d'ignorance. Un peu plus de connaissance nous sauvera. Examinons donc encore, apprenons toujours, arrivons à la connaissance. Quand nous avons nié la vérité (rioi tout le premier), nous n'avons fait que proclamer notre aveuglement, et les générations qui nous survivront tireront de notre Age de cécité d'utiles enseignements. Elles diront que nous avons bien fait de nous plaindre, de nous agiter, de remplir l'air de nos cris, d'importuner le ciel de nos questions, et de nous dérober par l'impatience et !a colère à ce mal qui tue ceux qui dansent. Au retour de la campagne de Russie, on voyait courir sur les neiges des spectres effa- rés qui s'efforçaient, en gémissant et en blasphémant, de retrouver le chemin de la patrie. D'autres, qui semblaient calmes et résignés, se couchaient sur la glace et restaient là engourdis par la mort. Malheur