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Title : Mercure de France (Paris. 1890)

Title : Mercure de France : série moderne / directeur Alfred Vallette

Publisher : Mercure de France (Paris)

Date of publication : 1890-1965

Contributor : Vallette, Alfred (1858-1935). Directeur de publication

Type : texte,publication en série imprimée

Language : French

Format : application/pdf

Identifier : ark:/12148/cb34427363f/date

Identifier : ISSN 11490292

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34427363f

Description : Périodicité : Mensuel (1890-1904) ; bimensuel (1905-sept. 1939) ; mensuel (oct. 1939-1965)

Description : Etat de collection : T. 1, n. 1 (janv. 1890)-t. 260, n. 287 (1e juin 1935)

Provenance : bnf.fr

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HENRI HEINE

17 février 1006 Voilà cinquante ans, jour pour jour/que
Henri Heine est en purgatoire. C'est assez, si ce n'est pas trop.
Qu'on lui ouvre toutes grandes les portes du Paradis, il y a
bien droit à un fauteuil d'orchestre I

Car assurément c'était en purgatoire que geignait hier
encore l'âme du pauvre chanteur. Si la vox. populi est bien la
vox Dei, il doit en être dans l'au-delà comme sur ce bas
monde électoral, et chacun doit y subir exactement la purifica-
tion qu'exige l'opinion des survivants. C'est le progrès démo-
cratique On n'est plus sûr maintenant du temps qu'on res-
tera dans l'antichambre à fumigation sulfureuse, car il peut y
avoir des revirements, et il y en a eu certainement pour Henri
Heine.

Quand il mourut, il trouva dans FErèbc un accueil favora-
ble. Le malheureux poète avait tant souffert déjà sur sa tombe
de matelas Ce fut « au cliquetis des clés et au frôlement des
pantounes qui traînent» un visage souriant que montra le
guichet; le bon saint Pierre, sous le bras son registre d'écrou,
n'eut pas l'an* de -se souvenir de quelle-perruque s'envolait,ce
rossignol. Et puis, Voltaire lui-même a bénéficié là-bas de
l'indulgence des générations successives. Les trois ensorce-
lantes déesses, Diane, la fée Abonde et Hérodiade, vinrent à
sa rencontre pleines de sourires pour celui qui avait si mer-
veilleusement chanté leur cavalcade dans le Ravin des esprits.
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