6 DE MARSEILLE La côte avait toutefois un air inculte et sauvage, quelque chose de primitif et d'inhospitalier qui in- diquait que la civilisation n'avait pas encore passé par là, que la main de i'homme n'avait pas encore transformé la nature. Ainsi, et plus barbares encore devaient se présenter notre vieille Europe et nos riantes côtes de France aux premiers navigateurs phéniciens qui tentèrent d'y aborder et de s'y éta- blir et le temps n'est pas éloigné sans doute où la côte d'Afrique ne le cédera plus à nos rivages d'Eu- rope les plus artistement embe))is. Cependant de nombreuses barques approchaient à force de rames bientôt elles entourèrent le navire; elles étaient montées par des Maltais qui, nous ac- costant en mauvais français, nous demandaient par cris et par gestes, de leur donner la préférence pour nous conduire à terre. I) n'était pas question d'aller par mer à PMippe- ville comme on le fait quand le temps est beau;~ les flots étaient trop agités et aucun Maltais n'osa-se hasarder à m'y conduire. JI fallut donc me décider à descendre à Stcra pour y prendre !a pittoresque route de terre de Phi- lippeville, qui longe la côte pendant une tieue. en suivant tous ses contours. Mais d'abord- je devais encore m'exercer à la patience. Après une légère attente, on avait donné aux mariniers maltais la permission de monter à bord pour prendre chacun les bagages respectifs des voyageurs qu'ils devaient transporter à terre. Mais quel désordre 1 et quelle cohue Quelqnes