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4 DE MARSEILLE

avec confiance qu'il vînt nous appeler, et je finis
par me rendormir.

Lorque je me réveillai, le jour commençait à
poindre, la pluie avait cessé; le vent seul soufl1ait
encore avec violence, et on en avait proHté pour
déployer les voiles; le roulis n'avait pas diminué;
mais la ctarté du jour succédant aux ténèbres de
la nuit changeait complétement l'aspect des choses.
En ce moment le bienheureux cri « Terre! » se fit
entendre; je compris la joie des compagnons de
Co)omb ce cri tant désiré, et me hâtai de monter
sur le pont on distinguait dans le lointain quelque
chose comme un nuage gris, mais qui cependant
avait des contours arrêtés et immobiles; c'était l'Afri-
que, cette Afrique que je souhaitais depuis s'long-
temps de voir.

Bientôt le soleil parut dans toute sa splendeur,
et acheva de faire oublier cette affreuse nuit, en
nous envoyant quelques-uns de ses chauds et bien-
faisants rayons, bienvenus, certes, à cette heure.
Les passagers des cabines apparaissaient tour
à tour attirés par ces deux grands consolateurs,
le soleil et la terre, et chacun de raconter ses
aventures de la nujt. Quelques-uns se plaignaient,
et même au capitaine, de la mauvaise construction
du bâtiment, à laquelle ils attribuaient le désa-
gréable roulis qui continuait toujours; la plupart se
moquaient d'un oSicier d'artillerie qui se lamentait
plus fort que les autres, et avait même été parler
en termes énergiques au général Desvaux, notre
compagnon de route, des dangers que nous avions
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