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TUNIS ET CARTHAGE.

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4.

nous à table pour dîner, qu'on vint nous annoncer'
la mort du bey; c'était au moins le bruit public..
Décidément, je n'avais pas de chance telle fut ma
première pensée. Quelle heureuse chancel fut la
seconde j'allais assister à l'enterrement, voir les
cérémomes; et s'il y avait une émeute, comme on le
craignait, c'était un plaisir d'une autre espèce, un
spectacle que l'on ne peut pas se procurer à sa guise.
Passe pour Néron de faire brûler Rome. afin de
jouir du magnifique tableau de l'incendie. Le com-
mun des mortels doit se contenter de prendre au
passage ces spectacles terribles qui laissent des sou-
venirs ineffaçables, des émotions brû!antes, des
images saisissantes et grandioses, mais que notre
conscience nous défend de désirer. Je me couchai
donc, le cœur plein d'une anxieuse impatience,
le secret espoir d'assister a une scène émouvante
l'emportait de beaucoup sur le désir d'une issue
calme et tranquille des événements, et sur la crainte
d'une fin tragique.

J'étais resté à moitié habillé pour être prêt à tout
événement, mes armes à ma portée, et j'essayai
de m'endormir. Je croyais avoir pris toutes les pré-
cautions nécessaires contre une attaque, mais j'avais
compté sans mon hôte. Outre les voyageurs payants,
et surtout sans les consulter, M. François a coutume
de loger encore une foule de commensaux gratuits
qui se distribuent dans toutes les chambres, et font
aux Européens une guerre sourde et acharnée. Je
ne tardai pas à m'apercevoir que mon domicile était
occupé par des sauteurs, ailés ou non, qui, malgré
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