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TUNIS ET CARTHAGE. M

longueur, est attribué aux Romains et amenait
l'eau à Carthage. Le consul de France, M. Roche,
pousse activement à toutes ces améliorations, plus
que le bey lui-même; il a déjà fait venir des ingé-
nieurs français pour étudier les travaux à faire, et
les entreprendre prochainement. Plusieurs de mes
compagnons de voyage font même partie de cette
expédition pacifique, M. B. entre autres, et le
directeur en chef de l'entreprise, qui est parent du
consul.

Malheureusement le bey est malade depuis quel-
que temps, suite de ses excès on désespère même
de sa vie, et l'on craint que, s'il mourait, tous ces
utiles projets ne soient abandonnés. On m'avait
en outre prévenu à Philippeville et à Bône que sa
mort pourrait donner lieu à des troubles sérieux.
Le prince qui doit lui succéder est, dit-on, un mu-
sulman fanatique et l'on soutient que, s'il arrivait
au pouvoir, la populace tomberait sur les juifs et les
chrétiens surtout, pour les exterminer, comme on a
fait dans quelques villes de l'Orient.

Quoi qu'il en soit, l'influence européenne et chré-
tienne grandit tous les jours à Tunis, et l'islamisme
y perd tous les jours de sa puissance et de son pres-
tige. On y compte aujourd'hui environ vingt mille
juifs, et sept mille Européens. Parmi ces derniers, il
y a quelques Français, quelques Anglais, bon nom-
bre d'Italiens et de Grecs, la plupart commerçants,
et enfin une foule de Maltais, qui sont artisans,
cochers, débitants de boissons, etc. Ces derniers sont
ttrès-taborieux, très-économes, et vivent dans de
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