TUNIS ET CARTHAGE. 61 4 des anciennes restrictions qui naguère encore pesaient sur eux dans ce pays. Ils n'avaient pas le droit de porter le turban blanc, vert ou multicolore des musulmans, ni leur fez rouge à flot noir ou bleu. et le remplacent aujourd'hui encore par un turban noir. Ils n'avaient pas le droit non plus de monter des chevaux ou des mulets. On commence cepen- dant à être plus tolérant à leur égard qu'autrefois, et ces anciennes vexations disparaissent de jour en jour davantage. Quelquefois il nous arrivait de rencontrer quel- qu'une des patrouilles militaires qui sont chargées de maintenir l'ordre en ville les soldats portent la tuni- que bleue et le pantalon garance ou de toile blanche de l'armée française, et sont coiffés du fez tunisien. Ils n'avaient en fait d'armes qu'un sabre pendu à la ceinture, et une longue pipe à la main. Quel peuple facile à gouverner pour des hommes intelligents 1 On remarque à Tunis, surtout dans le centre de la ville, quelques belles mosquëesoù l'on a prodigué le marbre. Elles sont ornées de sculptures et de jolies colonnes torses, et entourées généralement de bancs en pierre ou en marbre, sur lesquels sont constamment accroupis ou couchés de nombreux Tunisiens qui n'ont pu trouver place dans les bazars. Du reste, il est défendu aux chrétiens et aux juifs d'y pénétrer et nous ne pûmes en voir que l'exté- rieur. Nous avons visité le palais où se font les habille- ments de la cour c'est un grand bâtiment avec cour et colonnades au milieu, et sur les côtés des