60 TUNIS ET CARTHAGE. beau sexe chez un peuple fait pour être artiste. Les juives et les négresses ont le visage décou- vert. Les Mauresques portent deux voiles noirs l'un au-dessus des yeux, l'autre au-dessous, couvrant le bas de la figure; quelquefois un seul mouchoir blanc leur tombant du front, et qu'elles écartent un peu de temps en temps pour voir leur chemin. Quelques-unes de ces femmes ont les traits assez réguliers, et de beaux yeux noirs et brillants; mais généralement elles sont trop grasses, presque dif- formes, et lourdes dans leur démarche. Vues par derrière, leurs gros pieds, leur tournure gauche et massive rappettent nos poissardes ou nos femmes de la halle. Les plus jeunes semblent avoir soixante ans et ne se mouvoir qu'avec peine. Les femmes de qualité sous leur manteau blanc portent des habits de soie, où le rouge, le jaune et levert dominent, et s'entre-croisent; souvent même tout un côté du vêtement est d'une couleur diffé- rente de l'autre, comme dans le costume tradi- tionnel d'Arlequin. Malgré cela leur ensemble est aussi disgracieux et aussi laid que celui des hommes est beau et majestueux. Les négresses et les juives ont une coiffure assez ric!ie, une espèce de bonnet dont les broderies d'or et d'argent rivalisent d'éclat avec les peignes, les boucles d'oreilles, les bagues, les colliers et les bracelets des mêmes métaux, sou- vent aussi de corail ou de perles, dont elles se sur chargent, ainsi que les Mauresques. Les juifs ont en général un costume plus sombre que les Maures, ordinairement bleu ou gris reste