TUNIS ET CARTHAGE. 58 mètre de profondeur et on y a placé un tonneau debout pour empêcher les bords de s'ébouler. Dans cette espèce de puits l'ouvrier se tient enfoncé jus- qu'à la ceinture; il peut dès lors très-bien manier son marteau et le soulever sans heurter le plafond. Dans certains bazars on voit jusqu'à deux et trois ouvriers ainsi enterrés coup d'œit fort origina). Le tissage en est encore au même point que chez les anciens Egyptiens. On reconnaît partout le métier grossièrement agencé qui s'employait dans l'antiquité, avec les montants formés de branches d'arbres recourbées et non dépouillées de leur écorce, absolument comme celui dont se servent de nos jours les Indiens, ou les nègres de l'Afrique centrale. La navette n'est pas en usage, et c'est avec les doigts qu'on est oMigé de faire passer d'une lisière à l'autre le fil de la trame. On aperçoit aussi çà et là des meules à moudre le blé; elles sont mises en mouvement par un ma- nége auqtte! on a attelé un âne ou un chameau qui marche en cercle les yeux bandés. Ce qu'il y a de plus surprenant dans cette persis- tance à conserver des procédés imparfaits, c'est qu'on ne peut l'attribuer à l'ignorance; car à côté de l'indigène travaillant comme je viens de l'indiquer, on peut voir, dans le quartier des chrétiens, de nom- breux ouvriers d'Europe qui emploient les méthodes en usage dans leurs pays respectifs. Rien de plus facile pour l'Arabe que de les imiter. Mais pour cela il faudrait d'abord voir diminuer le fanatisme religieux, l'amour-propre national, le