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TUNIS ET CARTHAGE.

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mètre de profondeur et on y a placé un tonneau
debout pour empêcher les bords de s'ébouler. Dans
cette espèce de puits l'ouvrier se tient enfoncé jus-
qu'à la ceinture; il peut dès lors très-bien manier
son marteau et le soulever sans heurter le plafond.
Dans certains bazars on voit jusqu'à deux et trois
ouvriers ainsi enterrés coup d'œit fort origina).
Le tissage en est encore au même point que
chez les anciens Egyptiens. On reconnaît partout le
métier grossièrement agencé qui s'employait dans
l'antiquité, avec les montants formés de branches
d'arbres recourbées et non dépouillées de leur
écorce, absolument comme celui dont se servent
de nos jours les Indiens, ou les nègres de l'Afrique
centrale. La navette n'est pas en usage, et c'est avec
les doigts qu'on est oMigé de faire passer d'une
lisière à l'autre le fil de la trame.

On aperçoit aussi çà et des meules à moudre
le blé; elles sont mises en mouvement par un ma-
nége auqtte! on a attelé un âne ou un chameau qui
marche en cercle les yeux bandés.

Ce qu'il y a de plus surprenant dans cette persis-
tance à conserver des procédés imparfaits, c'est
qu'on ne peut l'attribuer à l'ignorance; car à côté de
l'indigène travaillant comme je viens de l'indiquer,
on peut voir, dans le quartier des chrétiens, de nom-
breux ouvriers d'Europe qui emploient les méthodes
en usage dans leurs pays respectifs. Rien de plus
facile pour l'Arabe que de les imiter.

Mais pour cela il faudrait d'abord voir diminuer
le fanatisme religieux, l'amour-propre national, le
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