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TUNIS ET CARTHAGE.

5'7

Les artisans opèrent tous sous les yeux du public
et dans des bazars de dimensions aussi exiguës que
ceux des marchands. L'inconvénient toutefois est
peu sensible pour eux, car la plupart travaillent
accroupis sur le plancher, notamment les tailleurs,
les cordonniers (ils sont très-nombreux, et confec-
tionnent des quantités prodigieuses de babouches
en maroquin rouge, jaune ou vert) les selliers, les
fileurs et tisseurs de soie ou de lainé, les orfévres.
Il en est de même des menuisiers et des tour-
neurs. Les premiers n'emploient guère que quel-
ques couteaux et outils fort légers pour tailler le
bois. Les seconds ne font point usage du tour euro-
péen, et en sont encore à un procédé très-pri-
mitif le tourneur prend le morceau de bois qu'il
veut arrondir, en place un des bouts sur son pied
nu, et l'autre sur le plancher, l'entoure de la corde
d'un archet, et donne à celui-ci, avec la main droite,
un mouvement de va-et-vient; puis chaque fois que
le bois tourne dans le sens convenable, il l'attaque
avec un outil qu'il tient de la main gauche, pour
arrêter de nouveau dès que la rotation a lieu en sens
opposé. Il ne peut arriver ainsi qu'à un travail alter-
natif et très-lent, mais il faut avoir la peau bien
dure pour que le pied puisse servir de pivot à un
morceau de bois en mouvement.

Les forgerons ont imaginé un moyen très-ingé-
nieux pour se mettre à l'aise dans leurs ateliers
pygméens.

L'enclume est à peu près au niveau du sol. A
côté on a creusé en terre un trou d'environ un
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