TUNIS ET CARTHAGE. M des contrées de l'Orient et du Midi, aux couleurs vives et en harmonie avec tout cet éclat, qui y carac- térisent les œuvres de l'homme. La couleur a pour patrie les pays de lumière. J'eus occasion, ici comme en Europe, de remar- quer la profonde influence que la religion d'un peuple exerce sur son caractère tout entier, la direction marquée qu'elle imprime à son activité. Cette influence domine toutes les autres; elle est bien plus forte encore que celle déjà si puissante et si persistante qui distingue les différentes races. On ne peut expliquer autrement la profonde diffé- rence qui sépare les Arabes et les juifs: deux bran- ches de la même famille, et d'une parenté si proche descendant, l'une d'Ismaël, l'autre d'Isaac, les deux fils d'Abraham venant de la même con- trée et à peu près à la même époque, quelques siècles après l'ère chrétienne, s'établir dans le nord de l'Afrique. Les physionomies sont même si sem- blables qu'un novice, dans ces pays, ne saurait distinguer, sinon par le costume, le juif de l'Arabe ou du Maure ( ce dernier est né du mélange de la race arabe avec les races primitives de l'Algérie, qui sont originaires des mêmes contrées de l'Asie quelesArabes et les juifs). En Europe, cependant, rien n'est plus facile que de reconnaître un juif à sa figure. Et pourtant, quelle di6'érenc& dans ie caractère! Autant le musulman, élevé dans une religion fata- liste, est mou, indolent, ami du repos, autant le juif est actif et énergique! Quelle différence entre