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TUNIS ET CARTHAGE.

M

sienne ce sont des voisins, des amis, ou de simples
visiteurs qui sont venus pour apprendre les nou-
velles du jour, causer, ou faire leur sieste. Ce que
je dis d'un bazar s'applique à tous; en sorte que
rien n'est plus original qu'une rue commerçante de
Tunis, garnie de chaque côté d'une suite continue de
ces boutiques toutes semblables. D'un bout de la
rue à l'autre et des deux côtés, c'est une file non
interrompue de Maures en riches vêtement de soie
ou de faine, accroupis les uns à côté des autres et
formant, comme à dessein, une véritable haie vi-
vante.

Si l'on ajoute que dans certaines rues consacrées
au commerce des étoffes de luxe, telles que la soie,
les marchands sont fort riches, les devantures des
bazars soutenues par des colonnes torses en marbre,
en faïence peinte et dorée, en bois précieux que
les rayons sont garnis des fils et des tissus les plus
chers qu'on y voit briller les couleurs les plus écla-
tantes, entremêlées d'or et d'argent: que la même
richesse règne dans le costume des propriétaires:
onpourra se faire une idée de la splendeur que
prêsentent.Ies belles rues de Tunis, de leur aspect
à!a fois original et imposant. On songe involon-
tairement aux souvenirs d'une autre civilisation ana-
logue, et l'on comprend ce que pouvait être Jérusa-
lem, alors que, sous Salomon l'or et l'argent y
étaient aussi communs que le sable de la mer. Chez
nous, tout paraît gris, ciel, terre, villes, maisons,
magasins, costumes, quand on pense à la nature
luxuriante, au ciel lumineux, au soleil enflammé
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