TUNIS ET CARTHAGB. 59 M. B. et vraiment cette cité offre le spectacle le plus curieux qu'on puisse voir. Les rues sont extrê- mement étroites, bordées de maisons élevées qui empêchent tes rayons du soleil de pénétrer jusqu'en bas. La plupart même sont couvertes de toits, ou de voûtes percées de petits soupiraux carrés pour dor.nerdu jour; on dirait des souterrains.On est ainsi abrité contre la chateurdu soleil et la ptuie, et l'on peut à toute heure parcourir en tous sens la ville entière, aussi agréablement que dans un climat tempéré. Des deux côtés de la rue s'ouvrent de petites bou- tiques appelées bazars, d'une exiguïté inconnue chez nous, mais parfaitement appropriées aux ha- bitudes indolentes du pays. Ce soct des espèces de bo'tes danslesqueHes un homme a peine à se tenir debout. Le fond et les côtés sont garnis de rayons portant les marchandises. Sur te devant; qui est ou- vert, le marchand maure accroupi ou couché, dor- mant ou fumant gravement une pipe turque, attend patiemment !a pratique, mais sans la solliciter; on dirait vraiment qu'il ne vend que pour faire plaisir à son acheteur, et que celui-ci devrait lui tenir compte de sa complaisance. Si un client arrive et demande à voir quelque article, le marchand, sans se lever, étend le bras, donne l'objet demandé, qui, grâce à la disposition du local, est toujours à sa portée puis il attend silencieusement la décision, sans rien faire pour l'influencer. Ordinairement il n'est pas seul; à côté de lui. sur l'étroit rebord du magasin se trouvent assises ou couchées d'autres figures aussi flegmatiques. que la