TUNIS ET CARTHAGE. 51 peu à peu, grâce à la haute considération que les barbares ne manquent jamais d'attacher aux fonc- tions d'un ministre du souverain, qu'elles soient morales ou matérielles, qu'elles aient rapport à son œuvre administrative ou à sa bouche, M. Fran- çois est arrivé à se croire et à être en réalité l'égal de quelques-uns des plus grands personnages de la cour. Amiral ou cuisinier~ pourquoi n'auriez- vous pas la même valeur aux yeux d'un despote? Si l'un est plus utile au pays, l'autre contribue direc- tement au bonheur du prince. M. François a pour aides-de-camp de service son fils et sa fille, qui lui ressembient beaucoup, puis le cuisinier nègre Kad- dour, qui, en choisissant cette profession artistique, a suivi une vocatic n très-commune chez les gens de couleur. La cuisine de l'hôtel, célèbre à Tunis pour sa per- fection, nous parut assez médiocre. Si cette table est renommée, dirigée qu'elle est par un haut di- gnitaire, un homme décoré, un ministre au dépar- tement gastronomique de Sa Majesté, que sont donc les tables ordinaires de cette capitale? J'y mangeai pour la première fois le fameux kouskous, ce mets favori des Arabes. II Les baz&re; le commerce; tes métiers. Je profitai du reste de la journée pour faire un tour en ville avec un de mes compagnons de voyage,