50 TUNIS ET CARTHAGE. quatre coins de la maison remplace le toit absent, et protège la cour contre les ardeurs du soleil. Les bâtiments qui forment les côtés du carré sont surmon- tés de terrasses où l'on peut le soir respirer l'air frais, et admirer tour à tour le soleil couchant, la lune et les étoiles. Ils contiennent des chambres nombreu- ses, mais q''i toutes ont leurs fenêtres et leur porte du côté de )a galerie intérieure. Au rez-de-chaussée, ils renferment la cuisine en face de la porte d'entrée, à droite un salon, et à gauche une salle à manger. Celle-ci est assez originale par les ornements orien- .taux et les arabesques en plâtre moulé qui déco- rent ses murs. Dans le fond se trouvent deux di- vans qui ne sont plus a' jours de leur jeunesse. Quelques autres meublas, qu'on dirait rassemblés par un antiquaire, se détachent gravement sur les carreaux de faïence blanche à dessins bleus, qui couvrent plusieurs des parois. Ce que l'hôtel de Provence offre cependant de plus intéressant, c'est son propriétaire, M. François, provençal de naissance et d'accent, et cuisinier en chef, pendant dix-huit ans, du dernier bey, qui le décora de la légion d'Honneur tunisienne, en récom- pense des hauts services qu'il rendait à l'État et au souverain par ses talents culinaires. C'est un gros homme, joufflu, affable, bavard, jovial, tant-soit peu blagueur, portant toujours le costume blanc officiel de sa profession, et se moquant de grand* cœur de tous ces barbares, comme il appelle les Tunisiens. Le bey pour lui témoigner sa faveur lui fit épouser une des femmes de son séraii et ainsi,