TUNIS ET CARTHAGE. 49 dans les villes bibliques dont Moïse et ses succes- seurs nous font la description. Les marchandes de fruits étaient toutes des négresses dont les habits d'étoffés éclatantes, aux larges rayures rouges, jau- nes, vertes ou bleues, faisaient d'autant mieux res- sortir le teint reluisant de noirceur; elles avaient réellement un air majestueux. Après avoir franchi la porte de la ville, on se trouve sur une large place qui forme l'entrée du quartier européen. Un café à arcades d'un extérieur assez modeste, quelques mai- sons élevées, mais d'une architecture peu élégante, l'entourent. Notre guide nous précéda dans une. ruelle étroite qui est une des larges rues de Tunis; un instant après nous étions arrivés. Si l'hôtel de France, bâti à l'européenne, offre naturellement plus de confort, et est préféré par les Anglais, l'hôtel de Provence où nous descendions devrait toujours être choisi par le touriste. Il est établi dans une ancienne maison mauresque, sans fenêtres à l'extérieur; on y pénètre par un long et sombre corridor dallé mais on est bien dé- dommagé par l'aspect pittoresque de l'intérieur. Qu'on se figure une large cour carrée pavée en mo- saïque, et ornée d'une jolie fontaine. Quelques arbres tropicaux l'égayent de leur verdure; et les galeries circulaires des deux étages supérieurs, for- mant à la fois corridor et balcon, lui communiquent leur animation, entretenue par le va-et-vient conti- nuel des voyageurs, qui les parcourent en tous sens ouregardent, accoudés sur la rampe, ce qui se passe au-dessous d'eux. Une grande toile accrochée aux