TUNIS ET CARTHAGE. 4Tt propre et bien mis, portant des bas et des souliers européens, et un turban d'indienne, quoiqu'il soit juif. JI me dit qu'il n'était pas astreint au turban noir comme ses coreligionnaires de Tunis, parce qu'étant né à Alger, et par conséquent Français, il pouvait en pays étranger se réclamer de sa natio- natité et s'habiller comme bon lui semblait, tout comme dans l'Algérie française. Khalif nous fut très-utile pour réunir nos bagages et les faire transporter sans encombre ni erreur à la douane de Tunis, située sur le quai, et où il nous fallut subir une seconde visite, celle de 'a Goulette n'étant sans doute qu'une entrée en matière. Nous étions encore à près de deux kilomètres de la ville, dont nous séparait une large avenue, mal- heureusement privée d'arbres et d'ombrage, et qui, d'après les projets de constructions et d'embellisse- ments actuellement à t'étude, devra former un ma- gnifique boulevard bordé de belles maisons à l'eu- ropéenne. En attendant, il nous fallut faire cette demi-lieue en plein soleil, sur le sable brûlant, au moment le plus chaud de la journée. Nos bagages suivaient sur une charrette. Quelle différence entre Bône et Tunis! A Bône, je croyais m'être fait une idée de la vie arabe; mais, comparée à Tunis, t'Afgérie est presque civilisée. ici on se sent comme reculé de deux mille ans dans l'histoire du monde. Nous rencontrions sans cesse sur cette route spacieuse au milieu d'une plaine aride et couverte de sables souvent batayés par lèvent, des caravanes de chameaux et d'ânes, des Arabes pour