44 TUNIS ET CARTHACE. rappelais involontairement le proverbe célèbre en Orient « Il vaut mieux être assis que debout, couché qu'assis, mort que couché. ') Nous avions jeté l'ancre depuis une heure, lors- qu'enfin une barque se fit voir; elle portait un officier supérieur du hey qui venait nous recon- naître et s'informer de l'état sanitaire du bord; après un examen d'un instant, il nous donna l'auto- risation de débarquer. C'était plus facile à dire qu'à faire nous ne pouvions gagner la terre à la nage. Enfin une grande barque quitta le rivàge et vint s'amarrer à notre paquebot; on y chargea lente- ment nos bagages et tous les autres colis qui se trouvaient à bord alors seulement il nous fut per- mis d'y descendre à notre tour. A huit heures, nous pensions être à terre; nous n'étions qu'à la pre- mière douane. On nous visita avec beaucoup d&" soin, puis on nous fit rentrer dans notre barque~ et suivre le canal étroit et infect qui traverse l'ilôt de la Goulette. Le mur crénelé qui le longe est sur-' monté de quelques canons de bronze fort richement moulés et ciselés, mais dont le vert-de-gris formé l'ornement principal. On arrive ainsi au bord du lac, en face de la ville de Tunis qu'on aperçoit dans- le fond, comme une masse blanche et crayeuse. 1A' on nous fit stationner fort longtemps. Était-ce pour? nous faire admirer la flotte du bey, qui s'offrait à nos yeux sous la forme de deux bateaux à vapeur w en réparation sur le chantier?