42 DE MARSEILLE A PHILIPPEVILLE ET BONE. Ions de la végétation du pays, remarquable par sa vigueur toute tropicale. Du côté opposé, en suivant le rivage de la mer, on passe le long du marché aux grains, qui est extrê- mement animé, car c'est l'entrepôt de tout le com- merce de blés qui se fait de ce côté de la province on visite un grand moulin à farine marchant à la vapeur, dont le chauffeur estnègre ainsi que bon nombre des ouvriers; on voit différents jardins bien cultivés, et l'on arrive enfin, en remontant un peu la colline, aux ruines d'Hippone. A vrai dire il ne reste de cette grande ville, qui fut le siège épiscopa! de saint Augustin, né à Tagaste, près de Constantine, qu'une vaste citerne dans le genre de celle de Philip- peville, assez bien conservée, et qui avec quelques réparations pourrait servir encore aujourd'hui. Un peu plus haut, à l'ombre de quelques oliviers gigantesques, on~L élevé à saint Augustin une mes- quine statue en bronze sur un énorme socle en~ marbre bIanCt.et on l'a entourée d'une grille si ële-~ vée qu'elle semble devoir servir de prison au saint, s'il avait envie de s'échapper de son tombeau placé à l'intérieur, et où l'on a, dit-on, déposé les restes de soncorps. Si cette statue, trop petite, et peu digne < du grand homme qu'elle a pour but de glorifier laisse -une impression de tristesse, il n'en est pas, de même de la vue étendue et pittoresque qu'on a de là sur la mer et sur Bône, vue qui n'est dépas~ sée que par celle plus grandiose encore et plus ben& dont on jouit du haut de la Kasbah.