A PHILIPPEVILLE ET BONE. 8S race des Mozabites, ou Beni-Mzab, population ber- bère par son origine et sa langue, comme les Kabyles, avec qui elle a beaucoup de ressemblance, au phy- sique et au moral. Les Mozabites occupent dans le Sahara oasien, à une centaine de lieues au sud d'Alger, sept villes et villages dont l'ensemble forme ce qu'on appelle l'oasis des Beni-Mzab, et dont la capitale se nomme R'ardéïah ou Gardaïa. La terre qu'ils ont à leur disposition ne pouvant les nourrir tous, une partie d'entre eux s'expatrient et vont dans les villes du Tell, partie septentrionale et cultivable de l'Algérie, exercer différentes industries et surtout le com- merce. Au moment de notre conquête ils formaient à Alger une corporation particulière; ils avaient le monopole des bains, des boucheries, des moulins, et celui de divers autres métiers ou professions, tels que rôtisseurs, marchands de fruits, marchands de charbon, fabricants- de mottes et conducteurs d'ânes. Aujourd'hui encore, dans les principales villes de l'Algérie, ils sont constitués, ainsi que les nègres, les Biskris, les Lhagouatis, les Kabyles, etc., en cor- porations spéciales, ayant chacune son chef ou amin. Les Mozabites se distinguent des Arabes, pour lesquels ils ont du reste le plus profond mépris, par leur amour du travail, l'austérité de leurs moeurs, leur respect pour la foi donnée, leur hor- reur pour le mensonge et leur loyauté commer- ciale. Ils ont l'ivresse en horreur; ils ne prisent ni ne