DE MARSEILLE principale place publique. Là se trouvait l'hôtel de France où je devais loger. Il était environ neuf heures du matin. Je me séparai de mon cocher qui comptait le même jour encore aller coucher au caravansérail d'Aïn-Mokhra. Je m'empressai d'aller rendre visite à un ami qui se fit un vrai plaisir de me montrer la ville et ses pittoresques environs. Bône est une cité char- mante, coquette, et qui a corrigé dans mon esprit le mauvais effet produit par la première ville afri- caine que j'avais vue, la triste cité de Philippeville. On s'aperçoit immédiatement qu'il y a beaucoup d'aisance parmi les habitants, Arabes et Français. Les Arabes surtout sont bien différents de ceux que j'avais vus jusque-là dans les campagnes. Les marchands indigènes sont fort bien babiHés, quelquefois très-richement. Leurs vêtements dé laine ou de soie, veste, gilet, culotte, ceintura et turban, dont les couleurs éclatantes, rouge, ja~me, vert ou bleu, sont encore rehaussées par des bro- deries d'or ou d'argent, font le plus brillant effet et contrastent singulièrement avec la nudité de leurs mollets bruns car le bas de coton blanc n'est pour eux qu'un objet de luxe. Leurs pieds sont chaussés de babouches, larges pantoufles en ma- roquin vert, jaune, ou rouge, tres-écbancrées du haut et ne couvrant que l'orteil ainsi faites, on les met et on les ôte très-facilement, ce qui peutcon-~ venir à l'Arabe indolent; mais l'Européen à la~ marche rapide les perdrait en route. La plupart de ces marchands appartiennent Ma