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A PHILIPPEVILLE ET BONE.

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Je pris alors ma valise j'en tirai mes habits de
rechange et je les passai tant bien que mal par-
dessus ceux que j'avais déjà mis, pour me préserver
dufroid. Ainsi anublé, j'escaladai les ronces qui ilé-
chissaient sous moi, et dont les piquants acérés
traversaient mes vêtements jusqu'à l'épiderme; je
me creusai un trou dans la paroi verticale de la
meule, je m'y logeai avec ma valise, et me couvris~
entièrement de paille pour être à l'abri de la rosée.
J'examinai si ma bourse était bien à sa place, je
m'enveloppai la figure d'un foulard, j'en enroulai
deux autres autour de mes bras entre les gants et
les manches, pour me préserver des moustiques
qui s'en donnaient à cœur joie sur ma peau euro-
péenne, et je fermai les yeux, la main droite sur
mon revolver; car définitivement j'étais seul, je
ne connaissais pas même mon cocher et ne savais
jusqu'à quel point je pouvais me fier à lui.
Cn conçoit que mon sommeil ne fut pas profond.
J'entendais sans cesse tantôt sur un point, tantôt
sur un autre, les?aboiements des chiens de tous les
douars de la montagne, auxquels répondaient dans
leur langue peu harmonieuse les chacals et les
hyènes dont mon guide m'avait appris à distinguer
la voix.

J'étais dans cet état de paresse vague intermé-
diaire entre la veille et le sommeil, qui est propre
à un esprit inquiet dans un corps fatigué, lorsque
soudain mon attention fut éveillée par un léger
mouvement qui se faisait à quelque distance; c'était
comme le frôlement d'un serpent dans les herbes,
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