&FHILIPPEVILLEETBONE. 29 2. Nous errions ainsi depuis une heure environ, lorsque soudain, ô bonheur une ligne transversale se dessina devant nous; c'était la grande route, en- core inachevée, mais qui, si elle n'était pas viable par- tout, devait pourtant nous empêcher de nous égarer. Il y eut encore un bout de forêt à traverser; mon guide était inquiet et me parlait des bêtes féroces. Mais tout se passa bien, et à dix heures un quart nous étions arrivés devant le caravansérail d'AIn- Mokhra. C'était une vaste enceinte entourée de murs et contenant divers bâtiments peu élevés. Mon cocher descendit de voiture, alla frapper à la porte et ap- pela pas de réponse. U fit plus de bruit même silence. « Je commence à croire qu'on ne veut pas nous ouvrir, me dit-il, et que nous serons obligés de coucher à la belle étoile, sans souper. M Je descendis à mon tour du cabriolet; nous allâmes tous deux frapper à la porte et crier. Cette fois on avait entendu; car trois chiens sortant de dessous la porte cochère s'élancèrent avec fureur sur nous; ce fut à peine si nous eûmes le temps de nous mettre en défense pour nous débarrasser de ces hôtes peu bienveillants qui, devant nos menaces et nos coups, ne ardèrent pas à rentrer par où ils étaient venus. Nous recommencions a appeler, lorsque soudain le cri de cc Qui vive? se fit entendre derrière nous. « Ami fut notre réponse. Nous aperçumes alors à quelque distance une centaine de soldats du train