DE MA.RSEIH.B 28 et indécise d'un aigle ou d'un vautour qui fondait sur sa proie. Par moments, c'étaient des sons plus gais, les accords lointains de la musique arabe, les fifres et les tamtams accompagnant les joyeux divertissements des habitants d'un douar, dont quelques points lumineux indiquaient l'emplace- ment sur le bord de la montagne. Bientôt ces derniers bruits disparurent; l'heure du sommeil était venue. Cependant nous nous rapprochions sensiblement des montagnes; alors ce fut le tour d'un autre sab- bat chaque douar était assiégé par une troupe de chacals affamés dont on distinguait le glapissement plaintif, couvert au centuple par les aboiements acharnés et bruyants des chiens arabes, veillant à.: la sûreté des gourbis, et livrant bataille à ces ma-* raudeurs nocturnes. Tout à coup le cocher fit arrêter son chevat; « Nous ne sommes plus sur le chemin, H dit-il et il descendit pour explorer les lieux, mais ne trouva pas les traces qu'il cherchait. Que faire ? nous-~ n'avions guère d'autre ressource que de nous diri-S ger vers un douar, d'y pénétrer au risque d'être~ pris pour des voleurs, et de voir tomber sur nous;~ les chiens d'abord, les Arabes ensuite; puis d'y? demander l'hospitalité si du moins nous parvenions à nous faire comprendre, car aucun de nous deux ne parlait l'arabe couramment. Cette perspective ne nous souriait guère; nous primes donc le parti de i continuer à avancer à tout hasard, car nous étions si bien égarés que nous ne nous serions pas mieux retrouvés en rebroussant chemin.