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A PHILIPPEVILLE ET BONE.

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une émotion profonde et qui n'était pas sans charme;
le cœur me battait violemment, le sang circulait
dans mes veines avec une activité, une chaleur qui
m'empêchait seule de ressentir la fraîcheur de la
nuit tout mon être était en proie à une surexci-
tation extraordinaire ."mes pensées se suivaient et
se renouvelaient avec la rapidité de l'éclair; je me
sentais vivre, je vivais plus en une minute que d'or-
dinaire en une heure, si la vie peut se compter par
les sentiments et les jouissances qu'on éprouve, par
leur nombre et leur intensité. Tout me disait que les
heures que je passais ainsi resteraient longtemps
gravées dans ma mémoire, et je goûtais déjà par
anticipation les joies du souvenir.

Un silence solennel régnait dans cette vaste plaine,
bornée d'un seul côté par des montagnes peu éfe-
vée&, de l'autre allant se perdre dans l'infini de
l'horizon, et n'offrant à l'œil d'autres limites que
celles que lui oppose la rotondité de la terre. Sur
cette base immense reposait comme un dôme gi-
gantesque l'imposant ciel d'Afrique, sombre malgré
les étoiles qui scintillaient dans ses profondeurs;
~a voie lactée même semblait avoir perdu son écla-
tante blancheur; on eût dit qu'un voile la couvrait;
la nature entière paraissait triste et rêveuse, comme
si elle eût porté le deuil de la lune absente; en vain
mes yeux cherchaient-ils à percer cette obscurité
mystérieuse tout était noir autour de nous. Parfois
seulement un cri rauque se faisait entendre, puis
des battements d'ailes, et je voyais passer, comme
une flèche au-dessus de nos têtes, la forme sombre
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