A PHILIPPEVILLE ET BONE. 25 2 fait venir de France, l'avait renvoyé sans le payer au bout de six mois de service, ce qui n'avait pas contribue à l'encourager. « L'Afrique, me disait-il, est un beau pays pour quelqu'un qui se porte bien, et où il y a de l'argent à gagner: mais pour moi c'est fini; je n'attends 'pour partir que le temps d'amasser la somme néces- saire au voyage, puis je retournerai en France et j'irai me fixer à Paris. )) U me parlait, du reste, avec enthousiasme de Jemmapes, de sa belle végétation, de ses magnifiques récoltes, et me disait que pres- que tous les colons du village avaient prospéré. En outre on trouve de belles chasses dans les environs, et son maître avait tué une panthère, il n'y avait pas encore huit jours. Dans la montagne, des compa- gnies françaises possèdent et dirigent de grandes exploitations de liége; mais les ~6nx arabes, ou plutôt les ~6uKM, comme disait mon guide, dont l'éducation littéraire n'avait pas été très-soignée, étaient très-remuantes, et il n'était pas prudent de s'y. .aventurer. Un Français risquait, la nuit, d'y être assas- siné, et pour plus de sûreté on avait rendu les tribus responsables des attentats qui s'y commettaient. ? A Milah, ajoutait-il, où j'étais il y a quelques semaines, les ouvriers babytes qui étaient occupés à faire la récolte pour les colons refusèrent de tra- vailler, et, réunis à ceux de la montagne, ils ten- tèrent. au nombre de plusieurs milliers, de brûler les villages européens il fallut l'arrivée des trou- pes françaises pour réprimer cette insurrection naissante. H