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A PHILIPPEVILLE ET BONE.

M

minces forêts de chênes-tiéges venaient rompre cette
monotonie et reposer les yeux par un peu de ver-
dure de temps en temps j'apercevais de maigres
troupeaux de bœufs rabougris, quelquefois de
chèvres ou de moutons, gardés par de pauvres
diables d'Arabes couchés à l'ombre d'un arbre ou
sous leur tente, ou bien encore quelque ~otM'&
hutte grossière en branchages recouverts de terre,
et qui paraît une demeure princière aux habitants
de ces contrées primitives. Souvent un certain nom-
bre de ces gourbis se trouvaient réunis sur un
même point, et constituaient alors un village arabe
ou douar, généralement entouré d'une épaisse cein-
ture de pastèques, de figuiers de Barbarie (arbuste de
la famille des cactus, à feuilles épaisses et garnies de
piquants), qui formaient comme une muraille natu-
relle contre les attaques du dehors, et d'ailleurs une
décoration très-originate par sa forme, et sa colo-
-ration vert intense.

Bientôt nous vîmes se détacher gaiement sur la-
terre rougeâtre un blanc village c'était Jemmapes;
il était trois heures à notre arrivée; le marché ve-
nait de finir; mais on y voyait encore une foule
~d'Arabes venus pour acheter ou vendre, et prêts à
repartir pour leurs douars de fa montagne. Je me
mis immédiatement en quête d'un cheval pour me
transporter encore le soir même au caravansérail
d'Aïn-Mokhra je voulais coucher. Tout le monde
me dissuada de partir, sous prétexte qu'il était déjà
trop tard on ajoutait que je ferais mieux de passer
j& nuit à Jemmapes et qu'avec un cabriolet même je
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