DE MARSEILLE M sent. aucun ne se hâtait, aucun ne paraissait seule- ment pressé; ces gens-là ne connaissent pas le prix du temps, cet indice certain de la civilisation d'un peuple. Tous allaient gravement et lentement leur chemin, à pied. à cheval, à dos de mulet ou d'âne ils parlaient peu, semblaient penser moins encore un air apathique, indifférent, j'aurais presque dit abruti, si ce mot ne contrastait singulièment avec ces belles figures majestueuses. avec ces gestes et cette démarche calmes et dignes. A tout prendre, au fond, je n'avais devant moi que !a ctasse inférieure de la population, et si j'avais mis à côte de l'un de ces fus d')smael, de ces portraits vivants de ce que furent Abraham et ses contemporains. l'un de nos paysans lo'jds et gauches, en sabots et en habits~ étriqués et trop courts, ou l'un de nos prolétaires des villes à la figure stupide et à la tenue négligée et embarrassée, je laisse à penser de quel côté se se-~ rait trouvé l'avantage un artisie ou un poète n'eûf~ certes pas hésité, js Cependant nous étions remontés en voiture it~ faisait toujours froid, et la pluie recommençait par~ instants. Nous traversions des contrées assez pitto- resques, mais présentant déjà les caractères dJs- i tinctifs de la campagne africaine, des pJainesassez~ larges, bordées de montagnes peu élevées et en~ général nues; car le blé, qu'on n'y cultive d'ai!!eur~ pas tous les ans ni partout, était moissonné depui~ longtemps; et les riches pâturages qui couvrent !es~ jachères avaient été, comme d'habitude, desséchés par les fortes chateurs de t'étét Quelquefois de~