20 BE MARSEILLE pour celui qui évite de !e provoquer, malheur au contraire à l'imprudent qui ose s'attaquer au roi des animaux, s'il n'a pas la chance de le tuer du premier coup; le lion blessé devient terrible. Mon compagnon me raconta que dernièrement un homme des environs de Philippeville ayant reconnu les traces d'un lion voulut lui donner la chasse; un officier de zouaves qui se trouvait là avec sa compagnie eut beau insister pour le faire accom- pagner par dix de ses hommes; l'intrépide chasseur refusa, partit seul, rejoignit le lion, se mit en em- buscade et tira. La bête blessée mortellement roula à terre l'homme, impatient de jouir de son triom- phe, éleva doucement la tête au-dessus du fourré qui le cachait pour voir sa victime. Le lion l'aperçut rassemblant ses dernières forces, il s'élança d'un seul bond sur son ennemi, et lui donna dans le dos un coup de patte qui le tit voler à dix pas. Les =~ griffes avaient pénétré dans le foie, et le malheu-~ reux chasseur, transporté à l'hôpital, mourut aprës~j trois jours de souffrances atroces. Le lion fut trouvé mort dans un taillis voisin. Ce n'est pas sans raison que ce noble et majes-~J tueux animal a reçu de l'homme le nom de roi des~ animaux tous le craignent et s'enfuient à son ap- proche. Qu'un cheval ou un mulet l'entende rugir, ou même sente seulement son odeur, il devient im-~ possible de le retenir; il se sauve à toute vitesse, à~ travers ravins et fossés, sans savoir où il va; ceIa~S peut devenir dangereux pour le cavalier, qui, en pa-~ reil cas, n'a rien de mieux à faire que de mettre pied ?