DE MARSEILLE 18 soulager nos chevaux, lorsque soudain le plus âgé de mes compagnons, celui que j'ai comparé à un pionnier, nous appela d'un air à la fois satisfait et confidentiel il s'était arrête et examinait quelque chose à terre; à notre arrivée il nous montra qu'il avait découvert sur )e saMe humide de la route la trace d'un lion; on voyait distinctement, et comme gravé dans !e sable, ce large pied avec ses gros doigts puissants; les mêmes marques se conti- nuaient, et nous pûmes suivre longtemps ces indices peu rassurants qui dataient de la nuit; ils garnis- saient le bord de !a route pendant plus d'un kilo- mètre, et se perdaient ensuite dans le fourre. A part un instant d'émotion, j'étais enchanté de !a chance heureuse qui le premier jour de mon entrée dans le pays me faisait faire une rencontre sivéritaMement africaine, quoique peu dangereuse~- au fond. Le lion est, en effet, beaucoup moins~ redoutable qu'on ne pense; il ne sort guère des~ forets et ne se met en chasse que la nuit; à moins~ d'être anamé il n'attaque jamais l'homme sans pro-~ vocation celui-ci s'i) a l'avantage de faire sa ren- contre et s'il ne se soucie pas de le combattre, n'a~ rien de mieux à faire que de rebrousser chemin ou~J de passer au large. On raconte que lorsque l'Arabe se. 1 trouve à l'improviste en face du roi des animaux et~ ne peut l'éviter, il entame la conversation avec lui, le flatte, lui cause amicalement; et l'on assure que~- plus d'une fois en pareil cas le lion, après avoirs marché que)que temps côte à côte avec l'homme. = l'a quitté sans lui faire de mal. On dit même qu'un