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DE MARSEILLE

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soulager nos chevaux, lorsque soudain le plus âgé
de mes compagnons, celui que j'ai comparé à un
pionnier, nous appela d'un air à la fois satisfait et
confidentiel il s'était arrête et examinait quelque
chose à terre; à notre arrivée il nous montra qu'il
avait découvert sur )e saMe humide de la route la
trace d'un lion; on voyait distinctement, et comme
gravé dans !e sable, ce large pied avec ses gros
doigts puissants; les mêmes marques se conti-
nuaient, et nous pûmes suivre longtemps ces indices
peu rassurants qui dataient de la nuit; ils garnis-
saient le bord de !a route pendant plus d'un kilo-
mètre, et se perdaient ensuite dans le fourre.
A part un instant d'émotion, j'étais enchanté de
!a chance heureuse qui le premier jour de mon
entrée dans le pays me faisait faire une rencontre
sivéritaMement africaine, quoique peu dangereuse~-
au fond. Le lion est, en effet, beaucoup moins~
redoutable qu'on ne pense; il ne sort guère des~
forets et ne se met en chasse que la nuit; à moins~
d'être anamé il n'attaque jamais l'homme sans pro-~
vocation celui-ci s'i) a l'avantage de faire sa ren-
contre et s'il ne se soucie pas de le combattre, n'a~
rien de mieux à faire que de rebrousser chemin ou~J
de passer au large. On raconte que lorsque l'Arabe se. 1
trouve à l'improviste en face du roi des animaux et~
ne peut l'éviter, il entame la conversation avec lui,
le flatte, lui cause amicalement; et l'on assure que~-
plus d'une fois en pareil cas le lion, après avoirs
marché que)que temps côte à côte avec l'homme. =
l'a quitté sans lui faire de mal. On dit même qu'un
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