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A PHILIPPEVILLE ET BONE. 15

rables et si déguenillés ceux que j'y voyais; ils
avaient l'air de vrais bandits, et instinctivement je
m'écartais pour les laisser passer.

III

De PM)ippevlUe Jemmapea le lion.

Le lundi matin je me levai de bonne heure; je
gravis encore une fois la hauteur de la Kasbah, et
me donnai le plaisir de voir éclairé par le soleil du
matin le beau spectacle de la mer et des côtes que
j'avais tant admiré la veille au soir.

A neuf heures, j'étais rendu au bureau de la dili-
gence, et après une attente assez longue tout fut
prêt pour le départ.

Décidément, pour mon arrivée en Afrique, je de-
vais passer de déception en déception. On m'avait
parlé d'une diligence je vis devant moi une mau-
vaise patache, sans doute achetée de rencontre dans
quelque bourgade de France; couverte, il est vrai,
ce qui était bien quelque chose en présence de la
pluie qui commençait à tomber, mais du reste dis-
loquée, et ouverte à tous les vents; les fenêtres
avaient disparu ainsi que les rideaux de sorte que
la pluie entrant par les côtés avait mouitlé les cous-
sins antédiluviens qui garnissaient les bancs. Trois
méchantes haridelles emanquées, mais indigènes,
avaient été attelées à ce coche du bon vieux temps,
dont les passagers n'étaient pas moins caractéris-
tiques.
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