12 DE MARSEILLE cette végétation africaine à la sëve vigoureuse, dont les échantillons embryonnaires cultivés à grands frais dans nos serres chaudes ne peuvent donner qu'une idée bien imparfaite. Le soleil baissait à vue d'œi! je rentrai en ville, en passant d'abord à côté du caravansérail ou mar- ché arabe situé à peu de distance hors des remparts, et servant surtout au commerce du blé avec les in- digènes. Ces derniers s'y trouvaient en assez grand nombre avec leurs bêtes, mulets, chevaux et ânes, et se préparaient à retourner chez eux. Décidément, ce beau type arabe que je m'attendais à admirer ne me plaisait guère; haillons, saleté, paresse, c'est là ce que j'y remarquais de plus sai)!ant. Je vis avec plus de plaisir la caserne des spahis, où des hommes à l'air mâle et imposant, couverts de brillants burnous rouges, se tenaient assis en causant avec animation, ou bien faisaient manœu- vrer adroitement dans la cour de beaux chevaux arabes. En rentrant à l'hôtel je visitai l'église de Philippeville, joli édifice tout neuf dans le goût by- zantin, et bâti sur une place dont le milieu est orné d'une statue en marbre d'un personnage romain, trouvée dans les fouilles, et qu'on dit être celle de Caracalla. Je gravis ensuite la petite éminence sur laquelle sont bâtis l'hôpital militaire et la Kasbah ou cita- delle, avec ses vastes casernes. La vue était magni- fique d'un côté je dominais la viHe entière, que je voyais s'élever insensiblement en amphithéâtre jus- que près des citernes romaines d'où je venais, de