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DE MARSEILLE

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A peine hors des murailles de la cité, on peut se
faire une idée nette de la campagne africaine.
Je suivais un étroit sentier, traversant des champs

et des jardins garnis d'une végétation peu soignée
mais naturellement puissante. Des figuiers ordi-
naires et des figuiers de Barbarie, des cactus et des
aloès gigantesques, des oliviers formaient le fond de
ces groupes variés; et des jeunes gens, européens
d'après leur costume, cueillaient les fruits énormes
qui partout y avaient poussé. A mes pieds s'étendait
la ville dont on distinguait parfaitement les rues
et les maisons; à droite la mosquée et quelques
maisons arabes groupées autour; devant moi en-
fin, ia mer immense et majestueuse, reflétant la
clarté du soleil (car la pluie avait cessé depuis long-
temps), et donnant à ce spectacle si intéressant,
pour un étranger surtout, le complément sans pareil
d'un horizon sans bornes, premier jalon de l'inSni.
Dans le lointain se balançait mollement notre bateau
à vapeur; à gauche Stora paraissait comme un ermi-
tage blanc muré dans la montagne plus près, la
jetée de Philippeville resplendissait d& l'éclat mo-
bile des lames qui venaient se briser avec fracas
sur ses murs résistants.

Cependant je continuais à monter, passant avec
curiosité devant quelques maisons arabes que j'exa-
minais attentivement architecture primitive, à
peine du mortier pour maintenir les pierres super-
posées des murailles; pas de meubles a l'intérieur;
seulement. quelques nattes malpropres et quelques
tapis en lambeaux des habitants également sales et
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