Home Consultation
Text mode Audio mode Downloading speech synthesis MP3 File
page 8 (screen 11 of 418)
Next page Previous page  
  Last page First page


6 DE MARSEILLE

de quelques maisons, ia plupart affectées au com-
merce d'épicerie, ou au débit des boissons et du
tabac.

En vain je cherchais quelque chose d'africain dans
ce port de mer naissant tout le monde parlait
avec l'accent de Marseille, ou celui plus caractéris-
tique encore du sud de l'Italie, les femmes por-
taient la robe d'indienne, et les hommes la chemise
et le pantalon bleus avec la ceinture rouge et le
chapeau de paille; en vain je cherchais des Bé-
douins au cheval rapide, des Arabes à la démarche
majestueuse, des Turcs fumant leur pipe évidem-
ment les indigènes avaient cédé la place aux Euro-
péens. Enfin, il me fut donné de voir quelques
Arabes, car il eût été trop malheureux de débarquer
dans leur pays sans même en apercevoir un vestige;
mais qu'ils faisaient une triste figure, ces deux ou
trois pauvres hères, aux jambes nues et sales, cou--
verts d'un méchant burnous en haillons, et d'um
capuchon attaché par une corde mince autour d'une v
tête si bien enveloppée qu'on voyait à peine leur
figure remarquable par son expression hébétée ce `:
n'étaient pas des hommes, c'étaient des bimanes.
Je continuai ma route en silence, et je fus bientôt
rejoint par quelques-uns de mes compagnons du
bateau à vapeur. En ce moment arrivait de Philip-
peville, à notre rencontre, une espèce d'omnibus
ou de patache à six places. Nous pûmes nous y
loger tous;- la voiture rebroussa chemin, et je
m'étonnai de la force en même temps que de l'agi-
lité déployée pendant !e trajet par les deux mau–
Text mode Audio mode
page 8 (screen 11 of 418)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Consultation