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A PHILIPPEVILLE ET BONE.

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matelots du navire tiraient du fond de cale les
bagages et les plaçaient sur le pont; toutefois la
distribution ne devait pas avoir lieu avant que l'on
eût tout monté, ce qui demanda une bonne heure.
Pendant ce temps les Maltais ne cessaient de parler,
de gesticuler et de vociférer, les voyageurs leur
billet en main de réclamer leurs effets, les matelots
de les refuser, les Maltais d'essayer de les saisir
néanmoins pour faire plaisir aux voyageurs, ceux-ci
de se plaindre et de s'impatienter, tous d'être
profondément mécontents.

Pour surcroît de malheur la pluie recommença.
Enfinle signal fut donné; on fit avancer une barque;
deux matelots se placèrent au bas de l'escalier du
navire, et, profitant chaque fois de l'instant rapide
la vague soulevant l'esquif l'amenait à leur por-
tée, y lançaient comme un ballot le voyageur que
ses rameurs maltais recevaient dans leurs bras vigou-
reux pour le remettre en équilibre. Dès qu'une
barque avait reçu son contingent de passagers, elle
s'éloignait pour faire place à une autre.

Ce fut bientôt mon tour, et je ne tardai pas à me
trouver sans encombre assis sur le banc d'une em-
barcation que les vagues faisaient danser comme une
coquille de noix. Un quart d'heure après j'étais à
terre, sur la jetée de Stora qui est encore à l'état
rudimentaire. Un conducteur de charrette insi-
nuant s'empara de mes effets pour les mener à Phi-
lippeville, et moi-même je me mis en route à pied;
au bout de quelques instants je me trouvai dans le
pauvre petit village de Stora qui ne se compose que
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