A PHILIPPEVILLE ET BONE. 41 tas de raisins, de melons, de pastèques, de figues, de dattes, de légumes, ils attendent noncha)atn- ment et en dormant à moitié qu'on vienne leur ache- ter. En pareil cas ils se donnent tout au plus la peine de répondre, et demandent pour chaque objet un prix double de sa valeur; il est essentiel de mar- chander. Les artisans travaillent en ville dans de petites boutiques basses, au rez-de-chaussée, semblables aux bazars des marchands, et ouvertes de manière qu'on les voit à l'ouvrage; hors de vine, dans des réduits analogues formés )e plus souvent par des tentes. Il n'y a plus à Bône que quelques rues arabes, étroites, sales, et bordées de maisons mauresques; les autres ont toutes été élargies, et on y a construit de belles et hautes maisons à l'européenne. La place surtout est fort jolie; c'est une espèce de square, planté d'arbres et garni au milieu d'une belle fon- taine, d'où l'eau jaillit gracieusement à l'ombre des palmiers et des lauriers-roses. Les maisons de cette place sont toutes à arcades comme dans la rue de Rivoli on y voit quelques beaux cafés où sont assis pêle-mêle des Arabes et des Français. Sur l'un des côtés se trouve une. élégante mosquée au- jourd'hui en train d'être restaurée. En sortant de la ville, du côté de l'aqueduc, on passe devant le théâ- tre, édifice tout neuf, dont l'intérieur est artiste- ment décoré à la mauresque; on longe une jolie église bâtie dans le style oriental, et l'on arrive à la pépinière, qui contient quelques beaux échantil-