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A PHILIPPEVILLE ET BONE.

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tas de raisins, de melons, de pastèques, de figues,
de dattes, de légumes, ils attendent noncha)atn-
ment et en dormant à moitié qu'on vienne leur ache-
ter. En pareil cas ils se donnent tout au plus la peine
de répondre, et demandent pour chaque objet un
prix double de sa valeur; il est essentiel de mar-
chander.

Les artisans travaillent en ville dans de petites
boutiques basses, au rez-de-chaussée, semblables
aux bazars des marchands, et ouvertes de manière
qu'on les voit à l'ouvrage; hors de vine, dans des
réduits analogues formés )e plus souvent par des
tentes.

Il n'y a plus à Bône que quelques rues arabes,
étroites, sales, et bordées de maisons mauresques;
les autres ont toutes été élargies, et on y a construit
de belles et hautes maisons à l'européenne. La place
surtout est fort jolie; c'est une espèce de square,
planté d'arbres et garni au milieu d'une belle fon-
taine, d'où l'eau jaillit gracieusement à l'ombre
des palmiers et des lauriers-roses. Les maisons de
cette place sont toutes à arcades comme dans la rue
de Rivoli on y voit quelques beaux cafés sont
assis pêle-mêle des Arabes et des Français. Sur
l'un des côtés se trouve une. élégante mosquée au-
jourd'hui en train d'être restaurée. En sortant de la
ville, du côté de l'aqueduc, on passe devant le théâ-
tre, édifice tout neuf, dont l'intérieur est artiste-
ment décoré à la mauresque; on longe une jolie
église bâtie dans le style oriental, et l'on arrive à
la pépinière, qui contient quelques beaux échantil-
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