–23– nographie les voyelles, qui jouent un grand rôle dans la phonétique berbère, ne sont presque jamais rendues par l'écriture arabe. Nous en dirons autant de l'écriture du berbère en ca- ractères tifinar'; c'est même encore plus incomplet, si c'est possible. Ainsi, par exemple, d'après Hanoteau le mot < cheval, se rend par les lettres tifinar' et c'est-à-dire qu'il n'y a que deux sons sur quatre de repré- sentés. Le Général Hanoteau remarquant la facilité avec laquelle on peut traduire les deux langues arabe et berbère, l'une dans l'autre, dit que cela tient, suivant lui, à ce que la construction de la phrase est la même des deux côtés. Certes, il y a bien quelque analogie dans la manière de procéder des deux langues et cela ne doit pas étonner quand même on n'admettrait pas qu'elles sont parentes, c'est-à-dire issues d'une même langue mère puisqu'elles appartiennent à deux familles géographiquement voisines. Il nous semble que nos phrases Zénaga diffèrent encore moins de la phrase arabe que le kabyle et le touareg du général Hanoteau; mais, en reconnaissant ce fait, nous nous sommes demandé s'il ne tiendrait pas à ce que nos deux informateurs, Alioun-Sal et Bou-el-Moghdad, étan~ de forts arabisants ( quoique leur langue maternelle fût le wolof), cette circonstance a influé sur leur manière de s'exprimer en berbère et leur a fait commettre des ara- bismes. Quoi qu'il en soit, voici les quelques remarques que nous a inspirées l'étude de nos phrases Le <7, le le le semblent se remplacer l'un
l'autre à volonté, et les syllabes M~ M'r~
~M~ <'o~ comme adjectif démonstratif, possessif
ou conjonctif, pronom démonstratif, personnel ou con-
jonctif ou comme simple conjonction, ou encore comme
syllabe formativa de temps ou de formes dérivées du
verbe sont tellement fréquentes qu'on est quelquefois