–22– Nous réclamons l'indulgence du lecteur; on comprend la difficulté de notre tâche, pour remettre en ordre des notes qui datent de plus de vingt-deux ans sans avoir personne sachant le Zénaga pour nous venir en aide. La première remarque que l'on fera à l'inspection de ces phrases et de ce vocabulaire, c'est le grand nombre de va- riantes d'orthographe que l'on rencontrera pour un même mot; cela tient à ce que, dans une langue qui ne s'écrit pas au moyen d'un alphabet qui lui soit propre, et dont, par suite, l'orthographe n'est pas fixée d'abord les dia- lectes varient d un lieu à l'au're et, ensuite on est très- souvent embarrassé pour rendre au moyen d'un alphabet étranger, les sons que l'on perçoit. Non-seulement les dialectes varient d'une tribu à l'autre, mais nous dirons même que la prononciation des voyelles, surtout, et de certaines consonnes, varie d'une personne à l'autre. Nous avons toujours écrit aveuglément ce que nous entendions, sans nous inquiéter si le mot qu'on nous disait différait un peu du même mot donné dans une phrase précédente. -Du reste, le Général Hanoteau dit dans la préface de sa grammaire kabyle que les variantes de prononciation ne sont, nulle part, aussi fréquentes qu'en berbère « où tous » les sons ont une incroyable tendance à se substituer » les uns aux autres. » Il dit, même ouvrage page 2 que le kabyle. écrit en caractères arabes, faute d'ortho- graphe consacrée n'est, le plus souvent, compréhensible que pour celui qui l'a écrit. Cela est très-vrai nous avions eu soin de faire écrire nos phrases en caractères arabes par Alioun-Sal, et nous -pensions pouvoir tirer grand parti, quand le moment serait venu, de cette transcription, pour faire la transcrip- tion en lettres françaises nous avons été frustré dans notre espoir, tant cette transcription en lettres arabes est mcomplète et insuffisante. Ce n'est qu'une espèce de sté-