PRÉFACE. ijK génie est une source éternelle de réflexions et d'études. Que de fois l'œuvre (le Shakspeare a été reproduite ou méditée! Elle a tenté !a plume (lu prosateur et du poète, elle a appelé le pinceau (te l'artiste et les harmonies du musicien. Shakspeare est incomparable par le luxe de sa puissance. Nul ne parviendra jamais à le donner tout entier comment livrer sans rien omettre l'exubérance de sa pensée, et éviter en même temps de rendre lent et conms ce style qui, dans la langue employée et sous l'im- pulsion du génie, sait demeurer a la lois et ondoyant et nerveux! H y a bien des manières de traduire Shal~spearc, bien des bacons de choisir et (le montrer ses richesses, bien (les chemins pour tacher d'être ndèlc en se pénétrant de son esprit. T~ perfection, a laquelle nul n'arrivera, peut être cherchée, attaquée, appro- chée de bien des cotés. Pour refléter une grande œuvre, le meilleur miroir n'est pas toujours le mot à mot. Pour être vrai, ce qu'il faut donner, c'est la pensée et le mouvement, bien plus que ta reproduction tex- tuelle et grammaticale. Pour celui qui écrit ces lignes, ie vers seul peut rendre le vers. I! l'a dit ailleurs, alors qu'il traduisait le ~c/ la poésie et la prose sont deux langues distinctes, e assujetties à des disciplines différentes, obéissant à