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LA MARE AU DIABLE.

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richesse pour des gens de campagne comme nous,
c'est une paire de bras et un cœur comme les tiens.
Quand un homme apporte cela dans une famille, il
apporte assez. Mais une femme, c'est différent son
travail dans la maison est bon pour conserver, non
pour acquérir. D'ailleurs, à présent que tu es père et
que tu cherches femme, il faut songer que tes nou-
veaux enfants, n'ayant rien à prétendre dans l'héritage
de ceux du premier lit, se trouveraient dans la misère
si tu venais à mourir, a moins que ta femme n'eût
quelque bien de son côte. Et puis, les enfants dont tu
vas augmenter notre colonie coûteront quelque chose
à nourrir. Si cela retombait sur nous seuls, nous les
nourririons, bien certainement, et sans nous en
plaindre; mais le bien-être de tout le monde en serait
diminué, et les premiers enfants auraient leur part de
privations dedans. Quand les familles augmentent
outre mesure sans que le bien augmente en propor-
tion, la misère vient, quelque courage qu'on y mette.
Voila mes observations, Germain; pèse-les, et tache
de te faire agréer à la veuve Guérin; car sa bonne
conduite et ses écus apporteront ici de l'aide dans le
présent et de la tranquillité pour l'avenir.

C'est dit, mon père. Je vais tâcher de lui plaire
et qu'elle me plaise.

Pour cela, il faut la voir et aller la trouver.
Dans son endroit? A Fourche? C'est loin d'ici,
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