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LA MARE AU DIABLE.

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Sans doute, j'y tiens. Est-ce que tu n'y tiens
pas aussi?

J'y tiens si vous voulez, pour vous faire plaisir;
mais vous savez que, pour ma part, je ne m'emharrasse
jamais de ce qui me revient ou de ce qui ne me revient
pas dans nos profits. Je ne m'entends pas à faire des
partages, et ma tête n'est pas bonne pour ces choses-
là. Je connais la terre, je connais les bœufs, les
chevaux, les attelages, les semonces, la battaison, les
fourrages. Pour les moutons, la vigne, le jardinage,
les menus profits et la culture fine, vous savez que ça
regarde votre fils et que je ne m'en mêle pas beau-
coup. Quant à l'argent, ma mémoire est courte, et
j'aimerais mieux tout céder que de disputer sur le
tien et le mien. Je craindrais de me tromper et de
reclamer ce qui ne m'est pas dû, et si les affaires
n'étaient pas simples et claires, je ne m'y retrouverais
jamais.

C'est tant pis, mon fils, et voilà pourquoi j'ai-
merais que tu eusses une femme de tête pour me
remplacer quand je n'y serai plus. Tu n'as jamais
voulu voir clair dans nos comptes, et ça pourrait
t'amener du désagrément avec mon fils, quand vous
ne m'aurez plus pour vous mettre d'accord et vous
dire ce qui vous revient a chacun.

Puissiez-vous vivre longtemps, père Maurice! 1
Mais ne vous inquiétez pas de ce qui sera après vous
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